Entrepreneurs : pourquoi intégrer une Coopérative d’activités et d’emploi ?

A photo by Alejandro Escamilla. unsplash.com/photos/yC-Yzbqy7PY

Personnellement en tant que jeune entrepreneuse créative, j’ai fait le choix d’intégrer une CAE. Même si ces coopératives se développent dans de nombreux départements, cette solution reste encore assez mystérieuse voire inconnue pour de nombreuses personnes et notamment les jeunes entrepreneurs. D’où cet article qui, je pense, pourra servir à certains dans le choix de leur statut lors du lancement de leur activité.

Je viens tout juste d’intégrer L’ouvre-boites 44, je vais donc vous expliquer ici les raisons de ce choix. J’écrirai certainement un autre article plus tard lorsque je pourrai réellement vous faire part de mon expérience d’entrepreneuse-salariée dans la coopérative.

Le principe d’une CAE, c’est quoi ?
Être entrepreneur-salarié (en CDI) d’une coopérative durant une certaine période (3 ans à l’Ouvre-boîtes 44) pour développer son activité dans une dynamique collective et solidaire. L’entrepreneur reçoit un salaire en fonction de son chiffre d’affaires. Il est naturellement très bas au début et augmente au fur et à mesure si le résultat de l’activité le permet. L’entrepreneur est hébergé juridiquement par la CAE (il utilise le numéro de siret de la CAE et émet des factures au nom de la coopérative) mais a sa propre identité visuelle.

C’est la coopérative qui prend en charge la gestion administrative, comptable, sociale et fiscale de l’activité. Mais elle n’héberge pas l’activité ni même la finance.

Au début, le porteur de projet n’est pas salarié mais reste demandeur d’emploi : il signe un CAPE (contrat d’accompagnement à l’appui d’entreprise), c’est un contrat spécifique aux CAE qui permet de tester son activité sur plusieurs mois et voir s’il est viable de continuer et de créer une activité salariée. Pendant ces premiers mois, on continue à être demandeur d’emploi et à percevoir ses indemnités chômage, le cas échéant.

Et au bout de 3 ans ? C’est généralement le moment où l’activité connaît son rythme de croisière. Donc soit on quitte la coopérative pour créer son entreprise soit on y reste pour devenir associé(e).

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Et alors concrètement quels sont les avantages à intégrer une CAE ?

Voici ce qui m’a, personnellement, motivée:

  • Être accompagné et avoir un soutien dans la gestion de son activité. On peut ainsi se concentrer sur la production et la communication. C’est aussi un moyen d’être entouré et de se sentir moins seul dans le début de son activité, période où l’on peut facilement être perdu… En effet, l’entrepreneur-salarié est suivi individuellement par un chargé d’accompagnement.
  • Tester son activité : le CAPE permet réellement de réaliser une étude de marché grandeur nature, ce qui n’est vraiment pas négligeable dans le lancement de son activité. On peut lancer des produits, tester ses prix, réaliser des actions de communication, etc. sereinement et en partageant son expérience avec son chargé d’accompagnement et les autres entrepreneurs de la coopérative.
  • Se créer un réseau d’entrepreneurs facilement : l’Ouvre-boîtes 44 compte à l’heure actuelle environ 300 entrepreneurs, ce qui représente un véritable réseau qui s’avère être très important pour les entrepreneurs (la visibilité, le partage d’expériences, les premiers clients, etc.). Cela peut même aller jusqu’à la coopération entre entrepreneurs (proposition d’une offre collective, par exemple). A l’Ouvre-boîtes 44, il existe différents outils de rencontre et d’inter-connaissances : formation d’intégration, cafés mensuels, réseau social interne, réunion annuelle, etc.
  • Mutualiser des outils et des moyens matériels : les coopératives permettent de mutualiser des outils qu’un entrepreneur seul aurait des difficultés à acquérir, faute de moyens financiers : salles de réunions, logiciel de comptabilité, location d’espace de vente commun sur des foires ou marchés, etc.
  • Être salarié (pendant 3 ans à L’Ouvre-boîtes 44) : le temps de tester et développer son activité, se faire sa première clientèle sans trop de risques (notamment en conservant le droit aux assedics en cas d’échec) et avoir les avantages du salarié (protection sociale).
  • Apprendre à être rigoureux dans la gestion et la comptabilité. L’objectif est d’être formé notamment à la comptabilité pour devenir autonome sur cet aspect-là à la sortie de la CAE. Cela demande aussi une rigueur pour “rendre compte” : classement des factures d’achats et de ventes, gestion des commandes, formalisation des devis, etc.

Si le projet est un échec et que le porteur souhaite abandonner, il peut quitter la cooperative à tout moment.

Et les contraintes ?

  • Bien sûr, il y a une participation financière qui équivaut à un pourcentage du chiffre d’affaires ou de la marge brute (généralement entre 10 et 15%).
  • Étant salarié, il faut évidemment procéder au paiement des charges patronales et salariales. C’est un élément important à prendre en compte dans le développement de son activité
  • Certaines aides financières destinées aux créateurs d’entreprise ne peuvent être obtenues lorsqu’on fait partie d’une CAE.

Pour aller plus loin, vous pouvez retrouver les cooperatives d’activités et d’emploi sur le site du réseau Coopérer pour entreprendre, qui fédère les CAE au niveau national.

Crédit photos : www.unsplash.com 

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